Quand diversifier l'alimentation de votre enfant pour éviter l'apparition d'allergies?

Une étude montre que retarder cette diversification alimentaire et l'introduction d'allergènes favorise le développement d'allergies.

Un bébé nourri
Un père nourrissant un bébé de neuf mois ©BelgaImage

Si vous pensez qu'il vaut mieux retarder l'introduction d'aliments allergisants chez les bébés, détrompez-vous! Cette recommandation, parfois encore ressassée ces dernières décennies, semble désormais définitivement dépassée. Pire: elle est néfaste pour la santé. C'est ce que conclut une étude publiée dans la revue Allergy ce jeudi 27 juillet. Menée en France sur 6.662 enfants de la cohorte ELFE (suivis continuellement de leurs 2 mois à leurs 5 ans), elle confirme les dires des instituts de santé qui affirment qu'au contraire, il faut que ces produits soient introduits tôt dans la vie de l'enfant. Si ce dernier n'est pas exposé à au moins deux allergènes avant ses 10 mois, le risque de développer une allergie alimentaire est multiplié par deux. Dans le meilleur des cas, il faudrait même s'y prendre bien avant ces 10 mois, du moins pour toute une série d'aliments.

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Dès 4-6 mois sous une forme mixée

Par "aliments allergènes", l'étude entend quatre catégories de produits: les œufs, le poisson, le blé et les produits laitiers. Les scientifiques ont donc regardé si ceux-ci étaient présents dans l'alimentation des enfants participant à l'expérience. Résultat: environ 10% d'entre eux n'avaient pas encore été exposés à au moins deux de ces allergènes à 10 mois. Or cela recoupe la partie de la cohorte qui a ensuite développé des allergies alimentaires, que ces jeunes fassent partie de familles considérées comme à risque ou pas. Ces réactions immunitaires "concernent 6% des enfants dans les cinq premières années de leur vie", précise auprès de Libération Blandine de Lauzon-Guillain, épidémiologiste et autrice de l’étude.

Dès lors, existe-t-il un timing parfait pour éviter ces ennuis? L'OMS conseille l'allaitement exclusif jusqu'à six mois, mais la chercheuse estime de son côté qu'il faudrait diversifier l'alimentation dès quatre mois. "Cela peut être difficile pour les parents d’avoir cette double injonction", reconnaît-elle, "mais il s’agit surtout de laisser les enfants goûter des aliments, y compris allergènes dès 4-6 mois pour qu’ils s’y habituent". À cet âge-là, ces produits doivent être donnés sous une forme mixée à des liquides (y compris sous forme de purée ou de compote) à une fréquence de deux fois par semaine pour chacune des quatre catégories d'allergènes.

Précisons toutefois qu'il n'existe pas que quatre allergènes. Chez nous, ils sont 14 à devoir être indiqués sur les étiquettes des emballages (gluten, crustacés, œufs, poisson, arachides, soja, lait, fruits à coques, céleri, moutarde, graines de sésame, anhydrique sulfureux et sulfites, lupin et mollusques). L'étude française aurait d'ailleurs préféré prendre en compte le cas des arachides, mais cela n'a pas été rendu possible à cause du manque de données. En Belgique, le Grand hôpital de Charleroi donne un conseil spécifique pour les fruits à coques et les cacahuètes: ceux-ci ne doivent être donnés "en aucun cas tel quel avant l’âge de 3 ans en raison du risque d’étouffement".

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