Concerts de Taylor Swift: on vous raconte notre galère pour trouver des places

J’ai participé à « la Grande Guerre » pour essayer d'assister aux concerts de Taylor Swift (et spoiler alert, j’en suis revenu bredouille).

Taylor Swift Eras tour
© Belga Image

Je pense que l’on peut compter le nombre de concerts auxquels j’ai assistés sur les doigts d’une main. Mon premier concert, c’était pour aller voir Vianney à Forest National. Le second, pour Ed Sheeran à Göteborg, le troisième pas plus tard que mardi pour The Weeknd au stade Roi Baudouin. Et si j’irai voir Noah Kahan en novembre prochain à la Madeleine, mon tableau de chasse musical est bien maigre.

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De ce premier constat, un second s’impose d’emblée, je n’ai acheté des places pour un concert qu’une seule fois. Ce qui fait bien peu de préparation et d’expérience avant de me lancer dans l’aventure plus que périlleuse du « Eras Tour ».

Car la chanteuse a beau chanter à tue-tête qu’« on a survécu à la Grande Guerre », force est de constater que ma réalité est tout autre. Après une lutte acharnée de chaque instant, me voilà de retour du front sans le moindre ticket dans ma besace. S’il me reste quelques (maigres) espoirs de malgré tout mettre mes doigts sur une place pour assister à son « Eras Tour », je reviens de ma chasse bredouille. Retour sur un drame en trois temps.

Petit swifty deviendra grand

Mais pour Taylor Swift, ça valait bien la peine d’essayer. Car qu’on se le dise d’emblée - puisque cet article abandonne toute neutralité journalistique et me permet pour la première fois d’user de ma propre voix, autant être honnête d’entrée de jeu -, je suis un Swifty (comprendre les fans de la chanteuse pop américaine) assumé et invétéré.

C’est d’abord dans Hannah Montana (le film) et sur la douce chanson Crazier que la chanteuse de country à l’époque attire mon attention. Son second album "Fearless" ne fait qu’attiser ma curiosité. Son quatrième album "Red" m’accompagne toute mon adolescence (émaillé çà et là par les tubes de son cinquième opus "1989") et les sorties, coup sur coup, des albums jumeaux "Folklore" et "Evermore" achèvent de me convaincre.

Lorsque la chanteuse annonce lors des MTV Video Music Awards 2022 la sortie de son dixième album "Midnights" pour le 21 octobre 2022 à minuit, l’alarme est mise. Quant à 3h du matin, elle lâche une version « améliorée » de son album – "Midnights the 3AM version" – l’album est catapulté au sommet de ma liste d’écoutes (il est d’ailleurs mon album le plus écouté de 2022).

Et quand, après avoir passé de longues heures à scroller TikTok et ses nombreux comptes-rendus du « Eras Tour » en espérant secrètement pouvoir y assister un jour, Taylor Swift annonce des dates en Europe, mon cœur a raté un battement. Allais-je vraiment pouvoir danser sur Love Story ? Pleurer toutes les larmes de mon corps sur All too well (la version longue de 10 minutes évidemment) ? Hurler le bridge de Cruel Summer avec 65 000 Swifties déchainés ? Et déverser ma frustration sur You Belong with me ? Peut-être. Et cette infime possibilité méritait quand même de tenter ma chance…

Premier acte : une préselection hasardeuse

Quand le 20 juin les dates européennes sont annoncées, tout comme de très nombreux fans, je suis ravi. Quand j’apprends le processus qu’il me faudra affronter pour éventuellement avoir une place, j’ai presque envie de déchanter. C’est que pour éviter les nombreux problèmes auxquels les fans américains ont fait face lors de se procurer des tickets pour la tournée de la chanteuse, les règles ont quelque peu changé. Déjà, on ne pourra acheter que 4 tickets. Et pour avoir accès à la vente, il faudra s’inscrire à l’avance et être tiré au sort. Selon des critères toujours flous à l’heure actuelle.

Cette tombola géante pour assister aux concerts de la fiancée de l’Amérique me force donc à élargir mes horizons et à ratisser large pour augmenter mes chances de réussite. Car la situation est donnée dès le début, l’offre ne rencontrera jamais la demande.

Voici donc venu le temps des premiers choix et des réflexions. Je décide de m’inscrire d’office pour Paris et Lyon, villes relativement proches de ma Bruxelles d’adoption (la chanteuse ayant délaissé le Stade Roi Baudoin). Pour poursuivre sur ma lancée de ville relativement proche, je décide aussi de tenter ma chance pour Amsterdam. Et Londres. Et puisque j’ai toujours rêvé de découvrir la capitale suédoise, j’ajoute Stockholm à la liste de mes envies. Histoire de mêler l’utile à l’agréable.

Quelques jours après, début juillet, les premiers mails contentant le Saint-Graal - comprendre un accès à la vente et un code unique permettant de se procurer un ticket - arrivent enfin. Premier embarras, alors que je pensais avoir ratissé large, ma pêche aux dates se révèle infructueuse. Pas de réponse de Londres ni de Paris. Je suis sur file d’attente pour Lyon. J’obtiens cependant des codes pour Amsterdam et Stockholm.

Second acte : maudit code captcha

Haut les cœurs donc, rien n’est perdu. Après avoir épluché finement le règlement, avoir écumé tous les sites de recommandations, mis en place les innombrables astuces glanées sur TikTok, le jour de la vente arrive enfin.

Le mardi 12 juillet, à 7h du matin, j’ouvre donc mon navigateur qui a été mis à jour la veille. Je me connecte à mon compte Ticketmaster, vérifie pour la énième fois que toutes mes informations sont correctes et que j’ai bien ajouté mes moyens de paiement. Tout me semble bon. Je me lance donc dans la file d’attente pour obtenir une place pour le concert de Taylor Swift à Stockholm, dont la vente devrait débuter à 14h.

Dans la même journée, les ventes de tickets pour Lyon et Paris sont également prévues. Mais face à la demande, TicketMaster s’écroule. La vente de Paris est une catastrophe, celle de Lyon est annulée (et n’a toujours pas eu lieu). De bon augure donc pour ma seconde expérience d’achat de place de concert…

Le temps passe. 13h. 13h30. 13h42, c’est la catastrophe. Alors que je pensais toujours être dans la file, je m’aperçois avoir été éjecté. Erreur de débutant ? Peut-être. Mais un code captcha avait été programmé environ 20 minutes avant la vente afin que je puisse certifier ne pas être un robot (ce que, jusqu’à preuve du contraire, je ne pense pas être). Et n’étant pas vissé à mon écran (pensant naïvement avoir encore un peu de temps), j’ai mis trop de temps à le compléter. Ce qui me rend dans l’obligation de relancer la page, et donc de perdre toute mon avancée.

Car lorsque sonne 14 heures, le verdict est implacable. Je suis 81 345e dans la file d’attente. Un rapide calcul mental (loin d’être ma spécialité, je le concède) me dit que les chances de voir Taylor Swift à Stockholm sont plus que maigres… mais qui ne tente rien n’a rien parait, alors débute la longue attente.

4 heures plus tard, comme prévu, il ne reste plus grand-chose à se mettre sous la dent. Tout est parti ou presque. Ne reste que certains package VIP aux coûts exorbitants et totalement hors budget pour ma maigre bourse. Stockholm est donc un échec cuisant.

 

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Troisième acte : Ticketmaster a eu ma peau

Mais le lendemain, à la même heure, c’est la vente pour les places d’Amsterdam qui est programmée. Fort de mon expérience de la veille, je me connecte à 6h du matin. Sur mon téléphone, des alarmes sont programmées à 13h30, 13h37, 13H40, 13h45 et 13h50. Ce maudit code captcha ne m’aura pas une seconde fois.

13h25, le stress commence à se faire sentir. Comme le sentiment de jouer ma dernière carte. 13h30, pas de code captcha. 13h35 code captcha résolu et place conservée ! Ne reste plus qu’à croiser les doigts. Quand la vente démarre, c’est les mains tremblantes que je découvre ma position dans la file d’attente. 10 000e. Trois dates sont prévues dans la capitale néerlandaise. Chacune peut accueillir jusqu’à 65 000 personnes. Comme nous sommes tous limités à 4 tickets, seulement 40 000 tickets peuvent donc être partis avant mon tour. Suis-je donc en train de toucher le but ultime de ma quête du bout des doigts ?

30 minutes s’écoulent. La salle de vente s’ouvre enfin à moi. Je peux choisir des tickets, j’en prends 4 dans les gradins pour le concert de vendredi soir, offrant une vue relativement dégagée sur la scène. Je valide. Enfin, j’essaye de valider mon panier. Mais ça bloque. Mon pire cauchemar se produit. Ticketmaster plante. Adieu mes tickets, me voilà éjecté de la vente sans possibilité de retourner dans la file. Sur Twitter les fans annoncent déjà occuper la 103 000e place.

Et avec ce bug technique s’envolent mes derniers espoirs d’assister au Eras Tour. Sur Twitter, nombreux sont ceux à en avoir fait les frais. Lors de la vente des tickets pour Amsterdam mais également pour d’autres dates. Pépins techniques, éjections des salles de ventes, incapacités de se procurer le moindre ticket, les griefs sont nombreux et ma mauvaise expérience ne semble être qu’une goutte dans l’océan de grogne entourant Ticketmaster.

Quelques jours après mes déboires, je ne peux m’empêcher de sourire face à ces aventures rocambolesques auxquels nous nous sommes pliés pour tenter, contre vents et marées, bugs techniques et problèmes de connexion d’assister aux concerts de la pop-star américaine. Et à l’heure d’écrire ces lignes, l’espoir ne m’a pas encore quitté pour autant. Après tout, il reste encore la vente de Lyon… Et puis sait-on jamais, la chance pourrait me sourire.

Et si je suis une des nombreuses victimes de la « Great War » Swiftique, le monde ne s’arrête pas pour autant de tourner et je souhaite à tous mes fellow swifities un excellent concert, peu importe où vous aurez la chance de le voir. Mais pour certains, moi compris, it’s a very Cruel Summer…

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