Votre peau met du temps à bronzer ? Pas de panique c’est tout à fait normal

Vous avez beau vous dorer la pilule au soleil depuis une dizaine de jours sans avoir pourtant gagné une seule teinte ? C’est tout à fait normal et il y a même une explication scientifique à cela !

bronzage
© unsplash

Avant toute chose, il parait pertinent (et utile) de rappeler les gestes de protection à appliquer lors d’une exposition prolongée au soleil : on évite les heures les plus chaudes de la journée, on s’enduit de protection solaire au moins 30 minutes avant l’exposition et on renouvelle l’opération toutes les deux heures.

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Maintenant que les précautions d’usage sont établies, que se passe-t-il quand nous bronzons ? Concrètement, notre peau est composée de différentes couches, la dernière, celle-qui nous intéresse, c’est l’épiderme. Il s’agit de la couche la plus superficielle de la peau. Celle-ci contient différentes cellules dont les mélanocytes et les kératinocytes qui occupent toutes deux, un rôle clé dans la pigmentation de la peau.

Face aux UVA, les mélanocytes vont produire de la mélanine, qui est responsable de la teinte de la peau (et du bronzage). Les UVB quant à eux, vont oxyder la mélanine, qui, en brunissant, crée une barrière protectrice empêchant le rayonnement de pénétrer en profondeur vers les couches fragiles de la peau. C’est ce qu’on appelle le mécanisme de photo-protection.

Ça, c’est la théorie. Mais en pratique, c’est quelque peu différent. Et une équipe de scientifiques s’est penchée sur la question. Cette équipe de chercheurs sous l’égide de Nadav Elkoshi de l’université de Tel Aviv a d’ailleurs publié les résultats de leur étude dans le Journal of Investigative Dermatology, étude qui a été reprise par Science Alert, et dont le résultat pourrait faire grandement avancer les traitements contre le cancer de la peau.

Une question de hiérarchisation

En réalité, le bronzage met du temps ! Il ne se développe « qu’après que la peau a pris en charge la réparation d'urgence de l'ADN » selon Nadav Elkoshi et son équipe.

« Nous disposons de deux mécanismes conçus pour protéger la peau de l'exposition aux rayons UV dangereux », explique dans les colonnes de Science Alert Nadav Elkoshi. « Le premier mécanisme répare l'ADN des cellules cutanées endommagées par les rayons UV, tandis que le second mécanisme implique une production accrue de mélanine, qui assombrit la peau afin de la protéger d'une future exposition au rayonnement. »

Ainsi, selon les scientifiques, après avoir fait des tests sur des humains ainsi que des souris, ce laps de temps nécessaire pour bronzer pourrait être dû à une « hiérarchisation des ressources intercellulaires ». D’après leurs observations, les cellules mobilisent d’abord leurs ressources pour réparer en priorité les dégâts causés par les rayons UV . « Ce n'est qu'une fois cette tâche accomplie que la cellule peut allouer des ressources à la production de mélanine », expliquent-ils.

Une découverte importante dans la lutte du cancer de la peau

Cette hiérarchisation des ressources, couplée à cette priorisation de réparation de l’ADN, pourrait aider à mieux comprendre « les dommages causés par les rayonnements sur la peau. » Et donc in fine, mieux les prévenir et les traiter.

« Cette découverte scientifique a mis en évidence un mécanisme moléculaire qui pourrait servir de base à d'autres recherches susceptibles de déboucher sur des traitements novateurs qui assureront une protection maximale de la peau contre les dommages causés par les radiations », explique à Science Alert Carmit Levy, biochimiste et biologiste moléculaire à l'université de Tel Aviv. « À long terme, cette étude pourrait même contribuer à la prévention du cancer de la peau », conclut-elle.

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